Quentin Brachet l’interview

Et on remet ça pour une petite interview de Quentin Brachet. Un ancien de l'ENSAAMA Olivier De Serres qui travaille aujourd'hui avec le collectif H5 mais pas seulement...

Salut Quentin ! Comment vas-tu en cette rentrée 2008 ?

Et bien, ma foi, ça va très bien. Beaucoup de travail, mais c’est plutôt une bonne chose. On a pleins de projets cools qui pointent le bout de leur nez. Espérons qu’ils aboutiront tous !

Graphiste chez H5

Ca fait maintenant 3 ans que tu fait partie du collectif H5, peux-tu nous parler de ce qui t’as amené à travailler avec ce studio

Ca fait à peu près trois ans, oui. Tout à commencé par un stage que j’ai fait là-bas, entre mes deux années de DSAA à Olivier de Serres. Le stage s’est très bien passé. J’ai bossé sur des pochettes de disques, des appels d’offres de pubs, le tout début de Logorama, et je suis allé à Londres avec François Alaux (<3) pour préparer leur exposition à la librairie OFR pour la sortie du Gasbook sur H5. Après ça, ils m’ont demandé si je voulais revenir bosser avec eux après mon diplôme, j’ai dit : “Euh… oui !”

Gas book H5

Gas book H5

Logorama

“Un monde ultra marketé construit à base de logotypes ..Une dramatique prise d’otages .. un tremblement de terre géant en Californie …”
Peux-tu nous dire quelques mots sur un des projet qui t’occupe depuis ton arrivée à savoir Logorama?

Logorama est un projet qui traîne à H5 depuis très longtemps. L’idée est de raconter une histoire, recréer un univers entier (décors, personnages, etc.) uniquement avec des logos des marques qui nous entourent. Je sais qu’au début, les réalisateurs d’H5 (Ludovic Houplain, François Alaux & Hervé de Crécy) voulaient utiliser cette idée pour un clip. Pour des raisons juridiques évidentes, cela n’a pas pû se faire. Ils ont donc décidé d’en faire un court-métrage, un projet personnel, pour s’affranchir de tout ces problèmes de droits. Quand je suis arrivé à H5, le projet en était vraiment à ses début, mais un storyboard existait. En somme, il s’agit d’un film reprenant tout les codes des gros blockbusters hollywoodiens : Des flics, un méchant, des poursuites en voiture, des explosions. Le tout dans le cadre parfait pour ce genre de scénario : Los Angeles.

Le storyboard ne décrivait alors que l’action et les personnages, sans les logos, avec une construction à la Short Cuts de Robert Altman : Différents personnages ne se connaissant pas sont amenés par les aléas de l’histoire à se rencontrer à endroit et un instant fatidique… C’était d’ailleurs très important de construire cette histoire indépendamment de la problématique des logos, afin que le scénario tienne la route et que l’on puisse ensuite mettre en place le second niveau de lecture du film, celui des logos.

Ensuite, et c’est là que je suis intervenu, il a fallu sélectionner les différents logos qui allaient constituer cet univers. Il s’agissait alors de recréer Los Angeles à partir de logos, de trouver quelles images de marques allaient pouvoir représenter les bâtiments, les palmiers, les bornes d’incendie… la ville, quoi ! Nous avons sélectionné les logos à la fois pour leur forme et pour les jeux de sens qu’ils nous permettaient de mettre en place. C’est d’ailleurs assez drôle de voir comme les logos de sociétés multinationales se prêtent à représenter les buildings immenses de downtown, alors que les logos d’épiceries et de garages jouent très bien leur rôle de petits bâtiments de quartiers populaires.
En parallèle de ce travail de “construction”, nous avons cherché, en collaboration avec la société de post-production en charge de la 3D et de l’animation, quel rendu donner au film afin de ne pas dénaturer les logos, de les rendre reconnaissables malgré leur nouveau statut. Le résultat est très “pop”, en aplat, très loin d’un rendu image de synthèse classique. Très “logo”, somme toute.

C’est un projet de longue haleine, très complexe, et on fonctionne avec une économie de court-métrage…. Mais, au-delà de l’équipe de la 3D qui se donne à fond, on a aussi obtenu le soutien et l’aide de gens formidables (eux, eux et eux ), que nous avons rencontrés en allant sur les lieux de l’action, à Los Angeles, et qui nous ont permis d’avoir des acteurs et un compositeur incroyable. Tout cela donne au film une dimension qui va bien au-delà de son simple aspect graphique.
Voilà, je ne vous donne pas de date de sortie précise (on s’est déjà avancé plusieurs fois sans réussir à tenir nos promesses), mais on est dans la dernière ligne droite !

Sur un plan plus personnel qu’est-ce que t’as appris cette aventure ?

Dans un premier temps, ça m’a a appris qu’il faut du temps pour faire de belles choses (c’est vraiment beau, vous verrez), Et aussi qu’il ne faut jamais s’arrêter au premier jet, qu’on peut toujours améliorer quelque chose que l’on croit fini. J’ai été aussi vraiment étonné de la manière dont les gens (même des gens “haut-placés”) peuvent s’investir à fond dans un petit projet sans argent, juste parce qu’il est ambitieux, motivant et drôle. Ca m’a aussi appris que “soyons réalistes, exigeons l’impossible” et qu’au final ça marche. Ca m’a aussi appris qu’à Los Angeles, TOUTES les filles mettent des mini-jupes. C’est bête, tout ça, mais c’est vrai.

LCDC

Tu participeras le 15 novembre 2008 à l’expo du club des chevreuils “My Monkey, my network,Mon fils, ma bataille” à Nancy. Raconte nous un peu ce que tu as préparé.

Effectivement, les chevreuils ont été assez malins pour ne rien foutre pour leur propre exposition. Ils ont pondu un discours vaseux qui justifierait plus ou moins le fait que le réseau, c’est très important, et que du coup, c’est mieux de demander à tout leurs potes de faire des choses sur eux… Ils me font bien rire ! J’ai voulu me faire plaisir, et j’y ai vu une bonne occasion pour faire un morceau de musique électronique. Ca s’appelle “Work Fun, Have Hard” (comme une affiche que Guillaume Grall avait faite il y a quelques temps) et j’ai essayé, comme je leur disait (je me cite) ” d’y retranscrire en musique les valeurs qui me semblent être fondamentales dans (leur) petite organisation, à savoir : bière, hétérosexualité, peace, love, having fun, rap de rue, rock de bar, petits pas synchronisés qu’on a répété à dix, tapes dans le dos, et finger-tricks sur les photos.”
Ce morceau est en écoute sur mon myspace, mais il prendra toute sa mesure dans l’exposition, en écoute libre sur un Walkman Sony WM-F31 (même pas Auto-Reverse) de 1986.
Je pensais préparer aussi un petit cartel pour préciser le nom des (nombreux) samples que j’ai utilisé dans ce morceau (droits d’auteurs obligent !).
A part ça, ils m’ont demandé si je voulais bien mixer au vernissage, et j’ai dit oui. Venez nombreux, je vais passer du rap et de la techno.


Crunky Q

En parlant de musique, on dit que la nuit tu deviens Crunky Q ton double dj/producter ?Comment vois tu le rapport musique/images en général et dans ta vie?
Oulala, vaste question ! Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai voulu devenir graphiste en regardant des beaux clips et des belles pochettes de disques, et que j’ai voulu me mettre à la musique en écoutant des disques qui étaient à l’intérieur de pochettes très moches

Crunky Q

Crunky Q

Des projets de graphiste? des projets de musiciens? c’est quoi la suite pour toi ?

Mes projets de graphistes, pour l’instant, c’est de voir Logorama fini (et vu par le maximum de gens), puis de tracer ma route avec H5, parce que j’aime tous les gens qui en font partie et que j’y suis vraiment bien. Me remettre à la photo, aussi… Mes projets de musiciens, c’est de continuer les soirées Bras en l’air avec mes potes Dj Pee & Benoit B., de continuer à produire autant de musique que je peux (et plus encore).
On verra bien.

Work fun, Have hard, quoi.

  1. doff Le 19 Novembre 2008 à 14:22

    Dj Pee m’avait montré un teaser de logorama, ça va dépoter ! Ronald MacDonald n’a qu’a bien se tenir !

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