Depuis la découverte de Songza, je m'intéresse de plus en plus à la notion d'interface humaine visant à rendre les interactions homme-machine le plus naturel possible. Je reviens ici sur les grands principes de cette approche.
Jef Raskin nait en 1943 et initie le projet Macintosh en 1979 dont il pose les bases de l’interface graphique qui est devenu le standard actuel. Inventeur également du glisser-déposer qui nous paraît si évident maintenant, il démissionne après que Steve Jobs ait pris la direction de son propre département.
Décidé à mener ses idées au bout, il crée la compagnie Information Appliance en 1982. Il y développe le Canon Cat avec pour but de démontrer qu’un ordinateur peut-être facile à utiliser. Malgré 20,000 unités rapidement vendues, la production du être arrêtée pour cause de dissensions internes.
Après un projet d’ordinateur portable avorté pour manque de fond, il se consacre à la recherche cognitive afin d’établir des bases solides sur les interfaces homme-machine.
Le résultat de ses nombreuses recherches est présenté dans un livre : The Human Interface, paru en 2000. Je vais commencer par présenter ce qu’est une interface humaine avant d’aborder sa relation avec l’utilisateur, puis l’approche au niveau software. Pour finir, je citerai quelques projets mettant en pratique ces théories.
L’interface humaine
On peut distinguer 2 phases dans l’utilisation d’une nouvelle interface graphique
L’apprentissage
L’automatisation des actions apprises
Au début, on a favorisé la première étape afin d’amener un public toujours grandissant à s’habituer à ces nouvelles technologies. Malheureusement, certaines des méthodes mises en place pour favoriser l’apprentissage empêche le développement d’automatismes. C’est pourquoi il est nécessaire de révolutionner ces paradigmes en travaillant sur une nouvelle approche des rapports homme-machine.
Cette solution devra permettre de répondre aux besoins des deux phases. Elle doit être facile à apprendre et devenir automatique sans interférer avec l’apprentissage ou l’automatisation des autres applications. C’est cela une interface humaine.
Une interface centrée sur l’utilisateur
LES DONNEES SONT SACRéES
Qui n’a jamais maudit un ordinateur et tous ses confrères pour avoir perdu des données suite à une erreur de manipulation ? Ou à un crash système ? L’utilisateur ne devrait jamais être pénalisé pour ne pas avoir fait la combinaison de geste à laquelle le designer pensait. De son côté, l’ordinateur devrait systématiquement enregistrer les données en continu.
MIEUX VAUT ANNULER QUE CHOISIR
Quand on se sert d’une interface, on combine des actions en gestes. Par exemple, on fait control-S pour sauver, faisant apparaître alors un message nous demandant si on est sur de vouloir écraser le fichier précédent. Par habitude, on va cliquer « oui »sans y réfléchir plus (après tout, si on a demandé à enregistrer, c’est qu’on le voulait). Sauf qu’il est commun d’écraser des fichiers dont on se rend compte trop tard qu’on aurait voulu les garder et on a alors aucune solution pour les récupérer.
La création de gestes a détruit toute l’efficacité de la vérification, c’est pourquoi Raskin préconise plutôt d’offrir la possibilité de revenir en arrière une fois l’erreur faite plutôt que la vérification précédant l’action.Songza.com permet l’annulation de la suppression des fichiers de sa playlist
NOTRE ATTENTION EST SACRéE
Un mode est un état dans lequel l’ordinateur produit un résultat différent de celui qu’aurait eu la même action dans un autre mode. Le type de problème récurrent nous déconcentrant de notre tâche principal dont voici quelques exemples :
On change de navigateur, les actions qu’on avait l’habitude de faire par certains raccourcis ne fonctionnent plus ou déclenchent des actions inattendus.
On a appuyé sur Caps-lock sans faire attention et on ne peut plus se logguer alors qu’on appuie sur les bonnes touches, on en est sur et certain et on a raison.
L’apparition de boite de dialogue. Alors qu’on tappe, la saisie est désactivée par l’apparition de ces boites et peut même produire déclencher des actions non voulus (O pour Oui)
Les boites de dialogues nous empêche d’utiliser les touches habituelles, nous faisant sortir du mode dans lequel on était
Ces problèmes complètement stupides peuvent rendre fou et faire perdre du temps. Pour éviter ces désagréments, Raskin préconise la suppression complète des aspects modals des interfaces ou l’utilisation de quasimodes. Il définit ceux-ci comme des modes dont l’utilisateur décide l’utilisation par une action répétée ou prolongée lui faisant réaliser qu’il a changé de mode (ex : la touche shift pour les majuscules).
LE PARCOURS MONOTONE
Pour qu’on s’habitue à une fonction, celle-ci doit être utilisable sans que l’utilisateur ait à prendre de décision. Il vaut mieux proposer une seule façon d’accomplir une tache quand le temps perdu à décider quelle méthode utiliser prend plus de temps que celui perdu en utilisant la plus lente des méthodes. Par exemple, la présence d’un menu en haut, d’un menu au click droit et d’un raccourci pour effectuer une seule action se révèle finalement au départ plus déroutant qu’utile.
Ce processus appelé monotone, couplé à la suppression des modes, facilite la création d’habitudes générales qui permettent de travailler plus rapidement. Une fois ces habitudes parfaitement intégrées, on peut alors se concentrer uniquement sur notre tache et notre but. On a alors atteint l’automatisation.
Un nouvel angle sur le software
RéVOLUTIONNER LE CONCEPT D’APPLICATION
Sa réflexion sur les contraintes des interfaces modales à poussé Jef Raskin à remettre en cause les paradigmes actuels beaucoup plus en profondeur. Depuis l’introduction de la métaphore du bureau, chaque application s’occupe d’une tâche spécifique, avec sa zone de présentation (la fenêtre) et son comportement propre. Or, l’application est un ajout artificiel. Pour un utilisateur, il y a :
du contenu
des actions qui peuvent s’appliquer sur le contenu
Si chaque software était sous la forme d’outils qu’on pourrait utiliser sur chaque document quand on le souhaite, on aurait alors une diminution du nombre de façons d’accomplir une tâche et gagnerions en efficacité. De plus, nous n’aurions plus le soucis d’avoir à ouvrir un nouveau logiciel à chaque action différente. La division des actions en applications complique énormément l’utilisation d’un ordinateur
Imaginez que vous retouchiez des images et que vous ayez besoin de calculer un ratio. Actuellement, vous allez dans Démarrer > Programmes > Accessoires > Calculatrice (désolés pour ceux qui ne sont pas sur Windows!), là une simple commande permettrait de le faire. L’OS agirait alors comme un seul logiciel auquel on acheterait de nouvelles actions plutôt que de nouvelles applications.
Si cette vision est certainement utopique, je la trouve quand même sacrément intéressante à étudier et à essayer d’appliquer même à plus petite échelle. Il n’y a qu’à voir les logiciels de la suite de design Adobe qui ont tous un grand groupe de fonctionnalités en commun mais dont les utilisations et même les raccourcis changent de l’un à l’autre.
éLIMINER LES DOSSIERS ET LES NOMS DE FICHIERS
Un aspect commun des systèmes actuels, les noms de fichiers, crée des difficultés dans le sens où c’est frustrant d’avoir des noms de fichiers uniques dès qu’on doit sauver son travail en un seul endroit. Qui ne c’est pas perdu dans les numéros de version de ses projets ? De plus, les efforts pour trouver des noms uniques complique encore la recherche lorsqu’on doit retrouver un fichier par la suite.
Le principe d’organisation des fichiers par titre peut vite créer beaucoup de confusion
Pour Raskin, le contenu du fichier est son meilleur identifiant. En effet, dans un dossier comprenant des images on retrouve ce qu’on souhaite beaucoup plus facilement avec un affichage des vignettes que des noms de fichiers.
Influences de ses théories
AMéLIORER LA RECHERCHE
Les théories développées sur la recherche dans ce livre en 2000 sont particulièrement intéressantes puisqu’elles ont depuis été mises en application. Elles se sont révélées particulièrement efficaces et ont été complètement adoptées par les utilisateurs.
Ainsi il exposait sa conviction que le résultat devrait être affiché très rapidement, évoluer au fur et à mesure qu’on entre notre recherche, être affiché dans le contexte et non sous la forme d’une liste, et avoir un système de sélection ne demandant pas la souris, des principes qu’on retrouve maintenant partout sur le web.
De façon ironique, le site d’Apple a parfaitement intégré les idées de Raskin sur le moteur de recherche.
ZOOMWORLD
La métaphore de la fenêtre qui isole les applications a aussi exacerbé les difficultés de navigation. On dispose déjà d’un espace d’affichage limité, la fenêtre le réduit encore. On se retrouve dans un petit espace avec énormément de portes de sorties mais dont on devine à peine ce qu’il y a derrière grâce à quelques indications (onglets, liens, menu …). Nos capacités les plus évoluées de repérage dans l’espace et le temps ne sont pas exploités. Schematic a mis en place un système intuitif de navigation fonctionnant entièrement sur le zoom
Pour naviguer tout en se repérerant, Raskin proposait de s’inspirer de la caméra grâce à laquelle on peut zoomer et dézoomer, se déplacer latéralement et verticalement. Les contenus auraient pu être regroupés par grappes, marqués par des couleurs et des formes. Les objets auraient alors pu être placés à un endroit et on ferait alors le lien entre un emplacement géographique et un contenu. Ce dispositif qu’il avait alors appelé ZoomWorld permettrait de partir de l’intérieur d’un fichier jusqu’à notre réseau local et plus loin encore, jusqu’au web.
On a vu un certains nombres de sites utiliser ce principe de zoom pour afficher différents niveaux de contenu mais cela n’a jamais été réalisé à une telle échelle, notamment parceque la technologie ne le permettait pas. Or, Microsoft a récemment sorti sa première application basée sur la technologie Seadragon qui permet de zoomer sans aucun ralentissement d’une mosaïque de milliers de photos jusqu’à un détail d’une légende d’une carte.
Démo de la technologie Seadragon qui reprend exactement le principe de ZoomWorld
EXEMPLES
J’avais déjà parlé de Songza (et j’en reparlerai très prochainement) qui a été conçu par le fils-même de Jef Raskin, Aza Raskin. Il a tenté là d’appliquer les idées de son père en utilisant une interface simplissime où tout est accessible en deux clics et rien n’interromps notre utilisation.
Google a également été un précurseur en introduisant l’AJAX dans les applications web grand public. Il est maintenant courant de ne plus avoir à recharger toute sa page, ce qui créait une coupure dans son utilisation, mais juste un élément ponctuel.
Dans Google Docs, les documents sont continuellement sauvés évitant par exemple qu’une coupure soudaine de connexion ne fasse perdre l’intégralité du document en cours d’édition. De plus, des backups sont fait automatiquement ce qui permet de revenir en arrière lorsqu’une mauvaise manipulation est faite. Enfin, l’enregistrement du fichier ne nécessite pas de spécifier un nom, les premiers mots (qui consituent souvent le titre) sont utilisés pour nommer le fichier.
Ce ne sont que quelques exemples mais qui permettent de montrer l’efficacité et la viabilité des théories de Raskin. Je reviendrai bientôt sur d’autres projets développés par Humanized et le Raskin Center.
“Il vaut mieux proposer une seule façon d’accomplir une tache quand le temps perdu à décider quelle méthode utiliser prend plus de temps que celui perdu en utilisant la plus lente des méthodes.”
J’adhère totalement à ce principe (mais pas facile de l’appliquer).
———-
Pour l’interface de Songza, j’aime beaucoup le “Pie Menu” (autour de la souris), je viens de voir que ça a été inventé par le concepteur des Sims : http://www.borntoclick.net/?p=195
———-
Et un utilitaire bien pratique développé (entre autre) par Aza Raskin : ENSO.
En gros ça permet de lancer des tâches simples à partir du clavier (lancer une recherche sur google, faire un calcul, exécuter un programme…).
Dans le même esprit (mais moins complet je trouve) il y a Launchy.
doff > je suppose que le plus simple c’est que je te le passe
woumpah > enso et les pie-menu sont l’objet d’un prochain poste, d’autant plus qu’enso est passé en open source hier. Tu m’as tout cassé là :).
o_O > merci pour le bouquin, je peux passer te voir à l’apart un de ces soir ?
Et figure toi qu’à chaque fois que je scoll ce post et que je vois la fenêtre “Voulez vous enregistrer … Oui | Non ”
ma souris est inexorablement attirée vers le “Oui” ! … c’est dire qu’il y a des automatismes
Dans le même genre, je te conseille “Designing Interactions” de Bill Moggridge.
Il fait un panorama des premières bécanes aux dernières technos et applis, le tout agrémenté d’une foule d’interviews de designeurs célèbres, d’anecdotes en tout genre, etc. Vraiment tip top.
Bill M. parle d’ailleurs pas mal de Jef Raskin.
j’ai justement reçu un mail d’amazon ce matin qui me proposait de l’acheter mais pour l’instant je suis sur “the design of every day things” de Donal Norman, qui est plus généraliste mais dont vous devriez entendre parler
Très bon article, simple et synthétique, ce qui n’est pas toujours évident. Le sujet est vaste, évolu rapidement et les références sont nombreuses au-delà même de celle pour lesquelles on arrive à trouver de l’information.
Concernant les notions de pratiques du design et d’ergonomie, il y a également Total interaction, theory and practice of a new paradigm for the design disciplines, Édité par Gerhard M. Buurman pour Birkhäuser ed. Plus ancien, il y a Mosaik2, de M. Eisenbeis, A. Henrich et M. Marshall aux ed Muller sur le design d’interfaces graphiques à l’époque des premiers écrans des années 80. En france et tout aussi ancien, le travail d’ODA sur le Minitel dans le Conviviel 1, de A. Hatala, D. Lemaire-Bernard, D. Abraham et D. Saint-Thorant.
J’ai moi aussi développé une interface de navigation pour mon site (tamantafamiglia.com) qui rappelle celle de Schematics (j’ai cependant développé la mienne avant… mais plus discrètement). Mon approche est quand même différente, elle repose plus sur la notion de surface illimitée (en opposition avec la traditionnelle «page» web - elle-même extension de la page papier). La navigation que je propose n’est pas dirigée, l’utilisateur va où il veut, bien que pour le moment les éléments soient concentré sur un point d’ancrage.
À voir éventuellement aussi le magazine Bulbe (http://www.bulbe.com), pour lequel j’assure la DA, qui m’a permis d’expérimenter depuis 2002 pas mal de concepts de navigation sur les galeries d’artistes. Je pense que depuis, la notion de galerie d’image sur le web a explosé et s’est banalisé (sur des diaporamas types).
La question de l’interface est de donner un accès à l’infromation dans le mode induit par cette information (en l’occurence pour ces galeries, le travail des artistes présentés m’a demandé à chaque fois de chercher un mode d’accès particulier). Flash est pour cela un outil assez extraordinaire… Même si aujourd’hui la notion de réseau et de multiplicité des flux d’information nécessitent d’autres technologies, plaçant la fonction en priorité parfois hélas un peu au détriment de l’interface permettant de l’exploiter.
Bref, bonne visite.
A propos
Gobz est un blog collectif fondé par les étudiants de multimédia (CRMA) à Gobelins Paris. Le but étant de rendre compte du multimédia de la façon la plus éclectique possible en exploitant au maximum la diversité qui compose notre promotion. De la tendance, des réflexions, de l'image, encore de l'image, du code, du buzz, du spam, de l'info… : le melting-pot multimedia.
vraiment intéressant tout ça!
ça donne envie de se plonger là dedans!
Pa-ssi-on-nant ce post, enfoiré !
En voilà un billet qui dépote ! Tu penses que il y a moyen de trouver le fameux bouquin de Raskin ou on peut trouver assez d’infos via les liens?
Très très intéressant !
“Il vaut mieux proposer une seule façon d’accomplir une tache quand le temps perdu à décider quelle méthode utiliser prend plus de temps que celui perdu en utilisant la plus lente des méthodes.”
J’adhère totalement à ce principe (mais pas facile de l’appliquer).
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Pour l’interface de Songza, j’aime beaucoup le “Pie Menu” (autour de la souris), je viens de voir que ça a été inventé par le concepteur des Sims : http://www.borntoclick.net/?p=195
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Et un utilitaire bien pratique développé (entre autre) par Aza Raskin : ENSO.
En gros ça permet de lancer des tâches simples à partir du clavier (lancer une recherche sur google, faire un calcul, exécuter un programme…).
Dans le même esprit (mais moins complet je trouve) il y a Launchy.
Un article sur ENSO via Techcrunch : http://fr.techcrunch.com/2007/.....merveille/
doff > je suppose que le plus simple c’est que je te le passe
woumpah > enso et les pie-menu sont l’objet d’un prochain poste, d’autant plus qu’enso est passé en open source hier. Tu m’as tout cassé là :).
o_O > merci pour le bouquin, je peux passer te voir à l’apart un de ces soir ?
Et figure toi qu’à chaque fois que je scoll ce post et que je vois la fenêtre “Voulez vous enregistrer … Oui | Non ”
ma souris est inexorablement attirée vers le “Oui” ! … c’est dire qu’il y a des automatismes
Super post comme on aimerait en voir plus souvent, merci
Très bon article !
Dans le même genre, je te conseille “Designing Interactions” de Bill Moggridge.
Il fait un panorama des premières bécanes aux dernières technos et applis, le tout agrémenté d’une foule d’interviews de designeurs célèbres, d’anecdotes en tout genre, etc. Vraiment tip top.
Bill M. parle d’ailleurs pas mal de Jef Raskin.
bonne continuation
j’ai justement reçu un mail d’amazon ce matin qui me proposait de l’acheter mais pour l’instant je suis sur “the design of every day things” de Donal Norman, qui est plus généraliste mais dont vous devriez entendre parler
Très bon article, simple et synthétique, ce qui n’est pas toujours évident. Le sujet est vaste, évolu rapidement et les références sont nombreuses au-delà même de celle pour lesquelles on arrive à trouver de l’information.
Concernant les notions de pratiques du design et d’ergonomie, il y a également Total interaction, theory and practice of a new paradigm for the design disciplines, Édité par Gerhard M. Buurman pour Birkhäuser ed. Plus ancien, il y a Mosaik2, de M. Eisenbeis, A. Henrich et M. Marshall aux ed Muller sur le design d’interfaces graphiques à l’époque des premiers écrans des années 80. En france et tout aussi ancien, le travail d’ODA sur le Minitel dans le Conviviel 1, de A. Hatala, D. Lemaire-Bernard, D. Abraham et D. Saint-Thorant.
J’ai moi aussi développé une interface de navigation pour mon site (tamantafamiglia.com) qui rappelle celle de Schematics (j’ai cependant développé la mienne avant… mais plus discrètement). Mon approche est quand même différente, elle repose plus sur la notion de surface illimitée (en opposition avec la traditionnelle «page» web - elle-même extension de la page papier). La navigation que je propose n’est pas dirigée, l’utilisateur va où il veut, bien que pour le moment les éléments soient concentré sur un point d’ancrage.
À voir éventuellement aussi le magazine Bulbe (http://www.bulbe.com), pour lequel j’assure la DA, qui m’a permis d’expérimenter depuis 2002 pas mal de concepts de navigation sur les galeries d’artistes. Je pense que depuis, la notion de galerie d’image sur le web a explosé et s’est banalisé (sur des diaporamas types).
La question de l’interface est de donner un accès à l’infromation dans le mode induit par cette information (en l’occurence pour ces galeries, le travail des artistes présentés m’a demandé à chaque fois de chercher un mode d’accès particulier). Flash est pour cela un outil assez extraordinaire… Même si aujourd’hui la notion de réseau et de multiplicité des flux d’information nécessitent d’autres technologies, plaçant la fonction en priorité parfois hélas un peu au détriment de l’interface permettant de l’exploiter.
Bref, bonne visite.