Petite Présentation
Après “Vu et à voir“, je commence là ma deuxième série qui devrait devenir récurrente avec “Vive la branlette“. Bon, elle devrait pas non plus être trop récurrente, se poser des questions c’est bien, le mettre par écrit c’est bien, mais ça prend du temps et ça, c’est pas bien. Enfin, surtout, c’est fatiguant.
Voilà d’ailleurs pourquoi j’ai choisi un titre aussi glamour, il est question de prendre du recul sur mon futur métier, ce qu’il implique et comment l’aborder, mais je suis tout à fait conscient de mes limites de petit étudiant. Pas d’exposé pompeux, d’opinions arrêtées et de point de vue hautain, mais surtout un bloc-note permettant de garder trace, d’organiser quelques idées et d’en discutailler (ici ou à la Ménagerie hein!).

Bon ok, le but premier du choix de ce titre c’est quand même de faire gonfler les visites de notre blog.

Je commence par un sujet récurrent dans les discussions que je peux avoir en ce moment : le rôle du graphisme. Super simple pour commencer.

espace
vlb1 - taille crayon

Le dorénavant inacessible Taille-crayon, ESPACE D’ÉCHANGE CULTUREL CRITIQUE, animé par Sophie Demay (ENSAAMA Olivier de Serres), Maël Fournier-Comte (ÉSAD d’Amiens), Magali Forey (Sorbonne), Sébastien Bonnet (ERBA Valence) et Samuel Bonnet (ENSAD)

Depuis l’article de Sam sur taille-crayon auquel je n’avais pas eu le temps de répondre avant la fermeture au public du blog, ça me taraude particulièrement l’esprit. Non pas que je n’ai jamais pensé à cette question, mais il a un point de vue intéressant qui se trouve aussi être très arrêté et en contradiction avec mes pensées sur certains points. Connaissant l’investissement du monsieur dans le graphisme et dans sa théorie, j’ai bien été forcé me re-questionner sur certains trucs.

CHEVREUILS&GRAPHISME IRRESPONSABLE?


vlb1 - club des chevreuils

Le Club des Chevreuils est un collectif de cinq jeunes graphistes (Julien Bouvet, Guillaume Grall, Julien Lelièvre, Julien Martin, Benoît Santiard) issus d’Olivier de Serres

Pour résumer son propos, il s’appuyait sur l’exemple du club des chevreuils pour questionner la responsabilité du graphiste dans notre société et critiquait un certain manque dans la prise en compte de l’impact que peut avoir une image (Pour ceux qui doutent toujours de ce pouvoir, retournez voir cette vidéo). Il s’inquiétait de l’impact sur la reconnaissance du métier de graphiste (qui souffre déjà d’un manque certain de ce côté là) si on continue à s’habituer à ne voir que des images rigolotes, jolies, jolies et rigolotes mais qui ne disent rien au final.

Extrait d’un commentaire de Julio du club des chevreuils sur un vieux post d’Etienne Mineur
1 - ne pas se prendre au sérieux
2 - ne pas se prendre au sérieux
3 - faire du plein avec du vide
4 - boire jusqu’à plus soif
5 - assumer ses choix
6 - chacun ses mauvais goûts
7 - faire un fanzine que les gens doivent imprimer eux-même et qui met une heure 40 à télécharger

Les membres du Club des chevreuils avaient intelligemment répondu dans les commentaires que ce club était un espace de liberté pour eux, à côté de leur travail quotidien, qu’il ne fallait donc pas le prendre comme leur idéal du graphisme de communication mais comme un espace d’expérimentation, leur permettant de garder un esprit ouvert et frais.
Ce post est devenu extrèmement intéressant dans la tournure qu’il a pris ensuite puisque des fans du Club ont floodé le blog de blagues plus ou moins bien trouvées illustrant alors la théorie de Sam comme quoi derrière une démarche qui est peut-être discutable mais qui est réfléchie, des admirateurs vont la copier sans la penser, se réfugiant derrière le parapluie de l’impertinance. Qui n’est plus que simplicité, facilité et bêtise pour le coup.

Plutôt balèze de faire naitre un exemple aussi concret sur son post. Mais Sam ne l’a pas pris comme ça et à préféré fermer le blog, fatigué par l’impossibilité de communiquer raisonnablement avec certain.

Si il passe par là, il est bien sur le bienvenue pour me reprendre si je dis des bêtises sur ce qu’il pense.

REFLECTION/ATTRACTION/RAISON/EMOTION

vlb1 - mm

Les posters de M/M, visuellement attractifs, ne posent-ils pas plus de questions qu’il ne donne de réponses?

La solution passerait-elle alors par un graphisme ultra réfléchi ? Alors qu’on parlait de M/M, je me rapelle avoir dit à Damien que je me méfiais de ce graphisme, car il ne parlait pas au grand public. Même si leurs images sont pensées, leur sens n’est souvent perceptible qu’à une cible extrèmement élitiste et le résultat est le même pour la majorité : de la beauté, pas de sens.

Et là c’est le moment de sortir la citation de Margaret Oscar qui fleurit un peu partout chez les graphistes du web en ce moment

“Designers are meant to be loved not to be understood”

Le graphiste ne serait donc plus qu’un fabricant de belles images ne jouant plus que sur l’émotion? Au fait est-il nécessaire de rappeler que cette phrase ne vient pas du tout d’une graphiste mais d’une copywriter et que non ce n’est pas un manifeste d’une vision hédoniste du graphisme ?

vlb - samusung

Une pub pour … Samsung par Justin Maller, un des précurseurs du graphisme bling-bling enfanté d’internet et resté sur internet

La façon et la rapidité avec laquelle cette phrase a été récupérée pour revendiquer un graphisme “bling-bling” (merci rone pour l’expression) est symptomique d’une tendance existante sur internet et représenté par ces très jeunes graphistes produisant des images bluffantes visuellement mais complètement vides sémantiquement (allez faire un tour chez SAel blog, champion du monde du synonyme, pour voir de quoi je parle). Une culture graphique qui s’est nourrie quasiment exclusivement du graphisme d’internet, qui se mord la queue, un apprentissage rapide de techniques impressionantes grâce à tous les tutos disponibles mais pas de réflexion sur la portée de l’image et sa perception. On se rapproche plus de l’illustration que du graphisme à mon sens.

ME VOILA BIEN AVANCE

Impossibilité de communiquer raisonnablement avec des images trop belles mais impossibilité de communiquer avec des images trop pensées, c’est simplement là que se situe toute la difficulté et l’enjeu du graphisme. L’image doit être là pour communiquer plus facilement un message, pas pour juste faire consommer du visuel.

Le juste milieu pour moi c’était les affichistes polonais, c’est aujourd’hui, entre autres, Apeloig, dans des styles qui leurs sont propres mais qui parlent à tous.

Mais ce n’est que ce je pense. Je suis pas sur qu’il y ait un réponse. Mais je suis à peu prêt sur qu’on n’en trouvera pas d’universel. Et c’est sans doute une bonne chose d’un certain point de vue.
- Le terme “Graphisme de consommation” me vient également directement de rone

  1. gg Le 05 Décembre 2007 à 17:00

    WE ARE WATCHING YOU

  2. Julien Le 05 Décembre 2007 à 17:07

    j’ai envie de dire MDR mais j’ai peur que tu fermes ton blog.
    )°_°(

  3. o_O Le 05 Décembre 2007 à 18:27

    bah non, je n’ai pas les codes d’accès.

  4. jimba Le 05 Décembre 2007 à 20:59

    Femme qui rit, femme qui est contente.

  5. samuel bonnet Le 05 Décembre 2007 à 22:43

    hey,

    je n’ai pas trouvé la signature de l’article, c’est david?

    bref, tout ça pour te féliciter pour cette prise de parole. Ton résumé est plutôt intelligent et tant mieux si mon article a pu te faire cogiter un peu. Tu sais que tu peux trouver la quasi intégralité de l’article sur le site du lcdc, publié avec mon consentement.

    Je suis bien d’accord avec toi quand tu dis que les commentaires débiles illustraient parfaitement ce que j’essayais de démontrer. Cependant, j’ai pu grâce à cet article parler un peu plus avec gg, et je me suis rendu compte qu’il y avait eu erreur sur la personne. Car oui, la vulgarité a une place de plus en plus importante à l’heure où tout le monde peut prendre la parole, mais le lcdc est plus intelligent que bête, comme ils ont pu le démontrer par leurs interventions qui étaient de loin les plus construites.

    Cependant, après ce fight, difficile de reprendre le cours normal des choses, nous avons préféré arrêter cette malgré tout belle aventure. Les espaces de discussion “intelligents” ne manquent pas (magazines, rencontres), et le blog qui parle de graphisme, n’est peut être pas aussi riche de promesses qu’escompté. Et puis, c’était assez difficile de le gérer en même temps que les études, donc c’est remit a plus tard. En attendant, bien d’autres projets moins moralisateurs mais tout aussi importants nous attendent.

    J’ai bientôt fini mon site, qui reprendra un peu l’esprit de taille-crayon dans le contenu, et ou tu trouveras une belle citation de véronique vienne et de mondzain concernant la problématique soulevée ici.

    A bientôt,

    sam

  6. o_O Le 05 Décembre 2007 à 00:42

    salut sam,

    c’est chouette de te voir par ici, je suis passé sur ton site en construction, j’ai hâte de le voir fini. N’hésites pas à le faire savoir dans le coin, on en parlera volontiers.

    C’est dommage que taille-crayon se soit arrêté mais ouvrir un espace d’échange public intéressant sur internet n’est certainement pas la chose la plus facile à faire. Il y aurait sans doute pu y avoir des solutions propre au média également (mise en avant des commentaires intéressants, etc …) mais on se rend bien compte à notre niveau également que ce sont des projets chronophages (1 blogueur sur deux passe entre 1 et 2 heures par jour à s’occuper de son blog). Et puis si cela vous permet de produire de nouveaux projet, tant mieux.

    PS : perdu sur l’auteur du billet, c’est François (Estienne, les portes ouvertes, tout ça tout ça …)

  7. samuel bonnet Le 05 Décembre 2007 à 19:03

    hey françois!

    les portes ouvertes ça remonte à loin quand même…bon ben cool que ce soit toi, à bientôt, mon site devrait être quasi fini ce soir…

    bizz

  8. Jean-Jacques Goldman Le 05 Décembre 2007 à 10:13

    Salut!

    Je réagis à rebours mais bon…
    Lorsqu’une personne fait appel à un designer graphique, c’est avant tout pour mettre en forme une information que cette personne veut rendre visible dans l’espace publique. Grosso modo (pipeau) notre principale mission est de donner un horaire et un lieu pour un événement. Tant que cette mission est remplie et bien visible sur le résultat, toutes les fioritures en plus sont les kifs persos du designer, qui ne sont pas à commenter comme de la recherche de sens.

    Comme disait la Compagnie des Créoles : “Si t’es doudou bien balancée ou playboy super sapé, c’est bon pour le moral”

    Reste branché,
    Jean-Jacques.

  9. PRASS Le 05 Décembre 2007 à 22:08

    Les “kifs persos” permettent aussi de “vendre” l’évènement au publique et c’est aussi ça la mission du designer. Informer ça a un sens, mais si on ne suscite pas l’intérêt informer ne rime à rien.

    Si Jean-Jacques Goldman décidait de nous infliger un enième opus en gribouillant sur la pochette JJG, disque numéro 29 dans un coin, la mission d’information sera remplie car nous voila informer du contenu, en revanche il sera dur de passer à l’étape suivante à savoir “consommer” ce dernier.

  10. o_O Le 05 Décembre 2007 à 16:06

    kifs persos et infos ne forment qu’une image et celui qui la reçoit ne sait pas quelle est la part de chaque donc on ne peut pas envisager ces kifs sans conséquences, non ? Chaque image est interprété plus ou moins consciemment.

  11. Kruty Le 05 Décembre 2007 à 01:56

    Salut,
    bien sympa cet article.

    On est bien obligé de viser une cible, utiliser des codes graphiques “d’actualité”, s’adapter à la demande et aux contraintes du client, tout en y mettant sa touche.

    Mais c’est la grande “frilosité” des clients en général qui freine le tout…

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